Dégustation autour de crus de Morey Saint-Denis et Gevrey-Chambertin.

Publié le par odovin

Nous sommes une bonne douzaine à nous retrouver, ce 18 Novembre 2008,  dans le cadre des dégustations de l'Art et le Vin, pour une soirée consacrée à un tour d'horizon de Grands Crus du finage de Morey-Saint-Denis parmi lesquels viendront s'intercaler quelques vins de Gevrey-Chambertin qui serviront de contre-point.

Seul le thème de la dégustation est connu sans information sur les vignerons, crus ou millésimes.
Les vins sont servis à l'aveugle.

Vin n°1 :
Nez sur des notes empyreumatiques d'élevage qui à l'aération s'ouvre sur la griotte et la présence d'alcool. 
Attaque de bouche franche, équilibre, riche mais non dénuée de finesse, élevage boisé perceptible mais non envahissant, bonne structure des tanins, peu complexe.
Beau vin.
Morey-Saint-Denis 1er Cru La Riotte 2006 de Perrot-Minot.

Vin n°2 :
Nez expressif mêlant des fruits rouges et des notes florales évoluant sur des notes plus terriennes et le cuir.
Attaque fine, élégante qui devient vite un peu rigide dans son expression tannique avec une finale dure.
A revoir.
Gevrey-Chambertin 1er Cru Les Combottes 2006 de Dujac.

Vin n°3 :
Nez plus puissant, intériorisé, légèrement viandé.
Bouche puissante, dense, large,  mure,mais bien équilibrée par une belle acidité saline en finale.
A attendre.
Gevrey-Chambertin 1er Cru Les Combottes 2001 du domaine Dujac.

Vin n°4 :
De le volatile, nez terne manquant de définition.
Bouche dissociée, floue, vite dominée par des tanins asséchants.
Bref le vin se goûte très mal. Problème de bouteille? Phase ingrate?
A revoir.
Clos des Lambrays 2006.

Vin n°5 :
Nez complexe, séducteur, noble sur le menthol, le tabac et des arômes de fraise.Belle structure de bouche, minérale, racée, combinant maturité et élégance soulignée par une acidité de qualité.
Clos des Lambrays 2001.

Vin n°6 :
Nez peu plaisant, sur la réduction, racinaire, de soupe de légumes.
Bouche construite sur la finesse, minérale, fine mais on reste déstabilisé par le manque de profondeur, et la sensation de manque de matière.
Même remarque  que pour le vin n°3.
Quand on pense au prix....
Bonnes Mares 2004 du domaine De Vogue.

Vin n°7 :
Nez extraverti,  empyreumatique (grain de café), , cacao et cuir.
Bouche à l'attaque charnue, perception d'alcool, généreuse, restant néanmoins séductrice, dans un style un peu baroque.
L'expression d'ensemble du vin peut faire évoquer un cru rhodanien.
Clos de la Roche 2004 du domaine Dujac.

Vin n°8 :
Nez sur la réserve, mais profond et serré.
Bouche aussi réservée mais avec une belle texture charnue, noble, minérale racée et supérieurement équilibrée.
Clos de la Roche 2006 du domaine  Dujac.


Vin n°9 :
Nez gourmand, élégant avec des flaveurs de griotte.
Bouche élégante,tanins de velours et de grande qualité, mure presque un peu sucrée, élevage en retrait, mais peu profonde ni très complexe.
C'est un style.
Clos de la Roche 2006 du domaine Ponsot.

Vin n°10 :
Nez fin, profond , de griotte et de ronces.
Bouche jeune, sur la réserve, séveuse, fine, au grain de tanins élégants et murs, prolongée par un belle acidité intégrée et longue. 
Prometteur.
Griotte-Chambertin 2006 du Domaine Ponsot. 


Vin n°11 :
Nez à nouveau sur des fruits rouges très murs, généreux et riche un peu alcooleux.
Bouche puissante,  large, avec là aussi cette palette fruitée intense mais sans grande précision et peu complexe.
C'est bon mais ce n'est pas grand.
Griotte-chambertin 2002 du domaine Ponsot.

Vin n°12 :
Nez complexe , noble , un peu terrien mêlant surtout les épices et les notes empyreumatiques.
Bouche complexe et dense dans sa première phase à laquelle succède une perception acide marquée pouvant apparaître forcée par la main de l'homme. 
Là aussi à revoir.
Mazoyères-Chambertin 2001  du domaine Perrot-Minot.

Vin n°13 et Vin n°14 :
Je les associe dans mon compte-rendu pour souligner que ce sont les deux seuls vins de la dégustation dans lesquels, au delà des différences de  millésimes,  j'ai trouvé une cohérence et une identité.
Nez complexe, de haute tenue, serré, profond dominé par des notes de tabac auquels se mêlent des épices mais aussi des fruits rouges.Quelques notes de terre humide ou humus peuvent apparaître de façon fugace.
Bouche dense, profonde et minérale, soulignée par une chair magistrale, soutenue par des tanins encore jeunes mais élégants, prolongée par une acidité racée. 
Clos de Tart 2004 et 2001.

 

 

Commentaires :

 

S'il  y a des entretiens d'embauche (sic), il existe manifestement des dégustations d'ébauche.

Propices à l'analyse critique, plus qu'aux débordements sensuels, elles mettent en scène des vins dont le mode temporel descriptif empreinte plus au futur qu'au présent.
Il y a ainsi une autre lecture que celle de l'instant formel, une suggestion plus qu'une affirmation.

Dans son dernier Edito., l'ami Roland nous invitait à réfléchir quant à la pertinence de la dégustation " à l'aveugle".
Probablement ne le savait' il   pas lorsqu'il avançait ses arguments, mais cette dégustation illustre parfaitement son propos.
Que suggérait' il? : que pour certains vins, le plaisir des sens ne suffit pas nécessairement à en saisir le sens.
Qu'il vaut mieux qu'ils soient connus, annoncés, pour que leurs essences soient reconnus.

Cette dégustation fut, en effet difficile , pour celui qui voulait trouver une cohérence dans la lecture du terroir ou  le style d'un domaine.
Il fut rare de trouver 2 vins d'un même vigneron qui se présentent bien : phase intermédiaire, de fermeture, millésime délicat?
Seul le Clos de Tart a échappé à ce fait .



 

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Publié dans Bourgogne

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