Dégustations éclectiques

Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /Nov /2008 14:08

Par odovin

Présentation :
Nous nous retrouvons aux Plaisirs Gourmands à Strasbourg,ce Vendredi 7 Novembre 2008, pour une nouvelle dégustation de l'Art et le vin, consacrée essentiellement à un tour d'horizon de quelques grands (?) vins blancs hexagonaux .
 Trois vins rouges nous seront servis en guise d'introduction.
Les bouteilles sont servies étiquettes découvertes.

En ces temps où certains esprits chagrins, aux sens abrutis par les dogmes et les certitudes, définissent le vin comme une "Idée" perverse et maléfique, sans pouvoir ou vouloir comprendre sa spécificité et sa différence par rapport à d'autres boissons alcooleuses, j'ai eu envie de vivre cette dégustation comme un voyage imaginaire.

Il n'est pas original de vouloir rappeler que le vin sera toujours la résultante de la rencontre entre une histoire, une culture, un lieu, et des hommes.



En attendant le départ :
 
Nous goûtons successivement :

MAS GASSAC ROUGE  1999 :

Robe relativement profonde avec légère évolution sur les bords.
Nez puissant s'ouvrant sur des notes empyreumatiques, un peu viandé. A l'aération apparaissent des notes d'humus et d'alcool.
Attaque de bouche souple, tanins fondus, belle fraîcheur malgré la puissance alcoolique mais fin de bouche floue sur une légère amertume.








CHATEAUNEUF-DU-PAPE BEAUCASTEL 2005:

Robe profonde.
Nez complexe, plus précis, sur la réserve, de fruits noirs, d' épices et aussi de notes empyreumatiques.
Bouche parfaitement équilibrée, mure, au grain de tanins racés, à la finale précise et longue. Elevage remarquablement intégré.







DOMAINE DE TREVALLON 2005 :

Robe très profonde.
Nez puissant un peu dissocié s'ouvrant sur des notes d'élevage de caramel mais évoluant à l'aération sur la mure, le cassis et des épices (poivre).
Grande bouche séveuse, vivante avec une belle conjonction entre l'acidité et le fruit.

 





Le voyage commence :

Première région : La Loire

La première étape commence mal. Venu pour admirer les magnifiques cloches du Beffroi du 16° siècle de la ville de Sancerre, celles-ci nous jouent un air morose et terne. Le début s'avère délicat.

Nez beurré, lacté guère passionnant.
Attaque de bouche avec léger sucre résiduel, , matière moyenne, manquant de vivacité , trop travaillée, avec une finale mal définie.
SANCERRE Blanc "CUVEE GENERATION XIX" 2006 DU DOMAINE ALPHONSE MELLOT.









Nous quittons notre lieu pour venir flâner sur les rives de la Loire.
 Le soleil perce derrière la brume légère. Les rires d'un joyeux chahut se font entendre participant au réchauffement de l'atmosphère.

Nez d'agrumes et de fruits jaunes, note d'allumette mouillée, léger profil de type oxydatif.
Bouche vivante,  mure, fraîche , grasse, minérale qui s'affine en finale en restant longue. 
SAVENNIERES  "CLOS DE LA BERGERIE" 2006 DE NICOLAS JOLY.







Les teintes lumineuses et les contours du paysage deviennent plus subtils. Les rires sont moins enfantins.
Un douce joie plus mature, mais aussi plus intérieure nous envahit.

Nez mieux défini, avec là aussi des notes "Schoenenbouriennes" sulfuriques, d'épices, d'orange confite, de coing, et de miel d'acacia.
Bouche grasse, dense mais vibratoire, serrée, à l'acidité précise, épicée et longue.
SAVENNIERES COULEE DE SERRANT 2004 DE NICOLAS JOLY.









Nous empruntons maintenant un sentier descendant. Les derniers rayons du soleil ne nous réchauffent plus  . L'horizon s'efface progressivement laissant place à une ambiance minérale.

Nez acidulé, de gelée de cassis, buis et ""pipi de chat".
Bouche en contraste avec le caractère variétal du nez, épurée, minérale très précise, anisée , à l'acidité mure, saline et longue.
POUILLY-FUME "CLOS DU BUISSON" 2001 DE DIDIER DAGUENAU.










Deuxième région : L'ALSACE.

Nous y venons souvent. Terre du roi Riesling nous l'aimons pour la formidable mosaïque géologique de ses différents terroirs. La grandeur et la noblesse d'expression de certains nectars produits ne craignent aucune concurrence .
Mais il y a ici un piège sournois qui rode : le sucre résiduel.
Tel le verglas , il peut perturber un repas ou une dégustation s'il n'est pas annoncé. Et là, c'est la glissade assurée.

Nez puissant sur les fruits jaunes, surmaturité, épices.
Bouche avec beaucoup de sucre résiduel (40 g?) , d'allure moelleuse, belle matière, l'acidité donne une longueur moyenne.
Désolé j'ai fait la cabriole.
RIESLING HENGST 2001 DU DOMAINE JOSMEYER.









Dérouté par cette première rencontre , en quête de repères, nous prenons la direction de ce que nous supposions être une chapelle mais qui, au fur et à mesure de notre avancée semble se muer en une cathédrale imposante et magnifique, née de l'union de l'esprit et la matière.

Nez puissant, fumé, de fruits jaunes, noble, vivant.
Bouche puissante, ample et dense, avec léger sucre résiduel (12 g) mais de profil sec,  minérale, revenant sur les agrumes, et finissant sur une acidité saline longue.
 RIESLING RANGEN DE THANN "Clos Saint-Urbain" 2001 DU DOMAINE ZIND-HUMBRECHT.








Suffit-il de se fier aux écrits des évangiles pour trouver son chemin?  Toujours est-il que celui nous menant à la Collégiale de Thann sur les traces de Saint -Thiébaut nous semble plus chaotique, moins "lisible" avec un risque certain  de nous égarer.

Nez sulfurique et  fruits jaunes nous orientant plutôt sur le chenin.
Bouche à l'attaque enlevée, fine, mais qui se délite et devient floue finissant courte.
RIESLING RANGEN DE THANN " Saint-Théobald" 2000 DU DOMAINE SCHOFFIT. 










De notre passage dans le  village d'Hunawhir  nous resterons marqué par le souvenir ambigu d' une femme dont le visage était d'un grand raffinement avec des lignes parfaitement définies mais dont l'attitude générale dégageait une dureté, peut-être liée à la promiscuité d'une trop vive soufre-ance.

Nez complexe, précis, mélant des arômes terpéniques, de citron et d'angélique.
Bouche épurée (trop?), presque racée mais manquant de chair et de gras, construite sur une acidité un peu rigide dans son expression.
RIESLING CLOS-ST-HUNE 2001 DU DOMAINE TRIMBACH.












Drapés de quelques effluves septentrionnales nous prenons la direction du Sud.
Un être malicieux nous aborde pour nous proposer l'énigme suivante : "Croyez vous que la grandeur et la grâce soient sourdes aux pouvoirs des points cardinaux, fussent-ils de Chateauneuf-du Pape?"

Notre première expérience nous incite à répondre par l'affirmative et  être digne d'une bénédiction papale.

Nez délicat miellé sur les amandes et le fenouil.
Bouche puissante, précise, grasse (parfait contre-exemple du vin précédent), riche, mais qui grâce à une formidable acidité sous-jacente et aboutie, finit fraîche et longue.
CHATEAUNEUF-DU-PAPE BLANC VIEILLES VIGNES 2002 DE BEAUCASTEL.










Notre deuxième expérience moins évidente nous amène à réfléchir avant de nous prononcer.

Nez puissant avec sensation alcooleuse plus présente et  légère pointe oxydative.
Bouche à la puissance moins maîtrisée, moins d'équilibre à ce stade, avec une finale plus floue.
CHATEAUNEUF-DU-PAPE BLANC 2002 DU CHATEAU RAYAS.











Pour parfaire notre opinion, il nous semble judicieux d'espérer trouver la solution en gravissant la colline de l'Hermite.
Arrivés au sommet, nous devinons presque instantanément que ce n'est pas seulement une réponse que nous trouvons mais également celle du sens de notre voyage. 
Quelque chose par quoi, comme le dirait Kant, l'intersubjectivité se trouverait installée au coeur de l'objectivité.

Nez profond, complexe, précis délicatement miellé..
Bouche parfaitement équilibrée, racée, fine tenue par une acidité diaphane.
HERMITAGE BLANC 1997 DOMAINE GERARD CHAVE.













Epilogue.
 

Il y a des vins de soif  et des vins de fin... de dégustation.
Habitués à naître à un âge où d'autres meurent, ils ont, non pas plus mais mieux que d'autres, cette capacité à rendre plus relatif le temps qui passe, et à rassembler nos voyages personnels en une émotion commune.

Nez  complexe d'orange amere, de noix.
Bouche d'une très belle finesse, acidité saline se prolongeant dans une  longueur infinie.
VIN JAUNE 1989 DE JACQUES PUFFENEY


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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 18:45

Par odovin

Sympathique salon organisé à Mulhouse, en Alsace, par le caviste Henner.
Une trentaine de vignerons de plusieurs vignobles français avec une majorité pour le Rhône et le Languedoc-Roussillon.
Seul le Jura était absent, ce qui est dommage.
Voici les vins qui ont retenu mon attention :

DOMAINE DE L'HORTUS :

- Pic -Saint-Loup Bergerie 2006: assemblage de jeunes vignes de l'Hortus et vignes d'autres domaines de Pic-Saint-Loup.
60% syrah, 35% grenache, 5% mourvèdre.
élevé en cuves inox.
un beau fruit , une trame agréable, franche d'allure rustique , de la fraîcheur. Du plaisir pour un vin de casse-croûte. ( 8 Euros environ)

- Pic-Saint-Loup Grande Cuvée 2006: composée de 55% mourvèdre, 35% syrah, 10% grenache.
élevée en barriques ( 2/3 neuves, 1/3 de 1 vin).
arômes fruité francs, plus de profondeur. Bel équilibre en bouche sur une matière mure sur une trame fine et fraîche avec des tanins devant encore se fondre. A attendre. (15 Euros env.)


DOMAINE DE LA JASSE CASTEL :

- Montpeyroux Combariolles 2006 :assemblage de jeunes vignes de grenaches d'une parcelle sablo-graveleuse, de grenaches de Bosc Viel et de syrah.
élevée 2/3 en barriques et 1/3 cuve.
une expression olfactive nette sur les fruits murs, quelques épices de garrigue, une matière charnue finissant avec de la fraîcheur. (18 Euros env.)

LA PRECEPTORIE DE CENTERNACH :

- Côtes du Roussillon Blanc Les Terres Nouvelles 2007 :assemblage de grenache gris (65%) et maccabeu (35%) provenant d'un terroir schisteux.
un nez réservé mais net, belle densité relativement profonde avec beaucoup d'équilibre, acidité fine et longue. L'élevage sait rester discret.(14 Euros env.)


DOMAINE DE LA RECTORIE :

- Collioure Côté Montagne 2006: assemblage de grenache, syrah, carignan et mourvèdre de terroirs schisteux.
Un fruit mur et explosif mais sans lourdeur qui tient la gageure de laisser une  bouche fraîche malgré la puissance. (22 Euros env.)


DOMAINE CHARLES HOURS :

- Jurancon Le Clos Uroulat 2006 : vin parfaitement équilibré; arômes de fruits précis, corps noble, acidité racée et fine. Un grand liquoreux. ( 16 Euros env.)


CHATEAU DE COULAINE :

- Chinon 2007: issu de jeunes vignes de terroirs argilo-calcaire et argilo-siliceux.
un beau fruit, un vin de plaisir avec finesse et fraîcheur. (9 Euros env).

- Chinon La Diablesse 2006: issu de vignes de plus de 40 ans de terroirs essentiellement argilo-calcaire.
plus profond avec toujours cette même précision de fruit et d'équilibre associée à une trame fine. élevage et vinification donne de la vie au vin. (17 Euros env.)


DOMAINE DE LA COTELLERAIE :

- Saint-Nicolas-de-Bourgueuil La Croisée 2007 : assemblage de jeunes vignes sur graviers.
Là aussi plaisir du fruit, du naturel . ( 9 Euros env.)

- Saint-Nicolas-de-Bourgueuil Les Perruches 2006 : issu de vignes de 25 ans sur terroir d'argiles à silex. Elevage en barriques.
arômes de fruits rouges et noirs  murs.corps plus dense  mais fin bien équilibré avec un fin de bouche fraîche et longue. (10 Euros env.)

- Saint-Nicolas-de-Bourgueuil L'envolée 2005 :issu de terroirs argileux et graviers. vinifié en cuve et pigeage. Elevé en barriques.
Nez mur sur la réserve.Corps dense, serré, très mur ,moins de fraicheur à ce stade ce qui fait que le vin a pour le moment moins d'identité. Les tanins doivent encore se fondre mais sont murs. Le vin garde du naturel.( 17 Euros env.)




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Lundi 11 août 2008 1 11 /08 /Août /2008 13:37

Par odovin

Riesling Clos St-Hune 1998 du Dom.Trimbach :



Cuvée star de la maison, ce vin issu du terroir calcaire du Rosacker de Hunawhir est vénéré par beaucoup d'amateurs.
Certes 1998 n'est pas le plus grand millésime de la dernière décennie du feu vingtième siècle mais il était intéressant de goûter  ce vin dans sa dixième année.
Le nez offre des arômes expressifs, purs, de notes d'agrumes mures , modérément floraux et d'évolution terpénique.
Le début de bouche offre une légère rondeur, sans véritable perception de sucres résiduels , une belle matière fine  et élégante, se terminant sur une acidité élégante et longue.
C'est incontestablement un très beau vin, accessible,  mais plus de profondeur et d'énergie vibratoire m'aurait comblé.



Champagne brut millésime 1998 d'Anselme Selosse :



La robe dorée est classique pour la maison.
Le 1er nez m'apporte l'émotion que je n'ai pas eu avec le St-Hune.
Complexes, vivants, naturels, les arômes défilent au fur et à mesure de l'aération du vin dans le verre : fruits jaunes, pain brioché, noisettes...
La bulle est fine , caressante.
La bouche est fraiche, mure, légèrement évoluée, précise,  en gardant de la finesse.
Ce 1998 serait une synthèse entre la tendresse, certes toute relative, du 1995 et  1996  joyau pur, plus austère.
C'est excellent .

Pinot Noir " Le Chant des Oiseaux" 2004 de B. Schueller :



Tout simplement un des plus beaux vins qu'il m'ait été permis de goûter toutes régions confondues.
 Le genre de flacon qui vous accompagne pendant plusieurs jours.
La robe rubis penche pour la légèreté avec quelques reflets de début d'évolution.
Le premier nez aurait pu  faire déposer quelques larmes de bonheur sur mes paupières  si je n'étais capable de maitriser mes émotions en toutes circonstances : un parfum de pinot noir enchanteur de fleurs et de fruits rouges dans lequel vient se méler quelques notes de ronces . Pureté diaphane.
La bouche magnifiquement construite est d'un naturel confondant mais reste précise :complexe, charmeuse mais profonde.
Emouvant.
















Côte-Rotie "Côte Brune" 1999 du Dom. Jamet :



La robe profonde est d'un  beau brillant.
Le nez, généreux, pur, exprime des fragances de fumé noble, et des notes florales de violette qui ne feront que se développer à l'aération. Quelques arômes de cuir surgiront par moment.
La bouche se développe sur une structure serrée, mais avec une texture raffinée s'appuyant sur un grain de tanins de grande classe, qui se fondront encore. L'intégration du bois est parfaite, ne perturbant en rien la perception de la minéralité et la qualité de l'acidité qui assurent de la fraicheur à l'ensemble.
Le vin ne me semble pas encore avoir atteint son apogée.
L'expression, certes banale, " main de fer dans un gant de velours" semble néanmoins lui correspondre.
C'est un grand vin.

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  • : Issu des vendanges 1963, ce qui n'est pas le plus formidable argument de qualité, je développe tranquillement mon système racinaire jusqu'au jour, où croisant un 1961, je décide d'arrêter la 1664. Depuis ce jour, je déguste , visite vignes et chais, rencontre vignerons et amateurs, enfin tout ce qui façonne le monde formidable du vin. Initiateur ou participant de clubs de dégustation, j'ai décidé de faire figurer ici les émotions de ma passion.
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