Lundi 19 janvier 2009 1 19 /01 /Jan /2009 13:08

Par odovin - Ecrire un commentaire - Publié dans : Alsace

Courant Novembre 2008.

Je retrouve Jean Boxler dans sa cave.
Il me relate sa matinée durant laquelle, lui et ses collègues, ont manifesté contre les nouvelles perspectives législatives envisagées par les jusqu'aux boutistes fascisants censés lutter contre l'alcoolisme. 
Ainsi, toutes les pancartes  des villages viticoles et les panneaux annonceurs étaient recouverts du mot "censuré". 


Il est question d'interdire notamment,  les dégustations gratuites chez les viticulteurs, qui constituent, bien entendu, une incitation à s'imbiber de manière excessive et donc une porte d'entrée vers l'alcoolisme. 
N'oublions pas que nous sommes des êtres primaires , sauvages, dénués de toute éducation et surtout non-pensants.
Ces personnes siégeant dans ces soi-disantes commissions ont dû être nourries au Round Up : aucun discernement d'analyse, pulvérisation aveugle de leurs pensées nauséabondes, aucun respect pour la et les cultures, aucun respect pour les hommes et les femmes qui véhiculent une histoire, une éducation et la transmission du goût.
On envoie la purée, tout est mort, rien ne repousse . Cela donne, alors, probablement une impression de pouvoir. Triste monde futur contre lequel nous devons tous LUTTER de manière collective.
Un coup de gueule de temps en temps ne peut nuire et surtout ça soulage.

Nous commençons par goûter les jus du millésime 2008, : prometteur,  un équilibre et une finesse qui me font penser à 2004, avec une définition du fruit supérieur.

Puis nous passons à la dégustation des 2007.
Les commentaires et notes sont concis , ne voulant prétendre à un jugement trop définitif car les vins sont très jeunes et mis en bouteilles depuis peu.

SYLVANER 2007 :
Fleurs blanches, belle matière, acidité fine qui lui donne de la fraîcheur .

PINOT BLANC BRAND 2007 :
Très belle densité, tendu comme une arbalète, légère amertume,  acidité saline.

RIESLING 2007 :
Constitué des jeunes vignes du Sommerberg, haut du coteau.
Fleurs blanches, pur, élégant, finesse, bel équilibre, minéralité.
15 g de sucres résiduels parfaitement équilibrés par l'acidité donc très peu perceptibles.

RIESLING SOMMERBERG J.V. 2007 :
Constitué  de jeunes vignes du Sommerberg du bas de la parcelle Dudenstein.
Plus d'alcool, moins de pureté, sensation de raisins plus riches.
Plus chaud en bouche, plus puissant.
Équilibre moins affirmé. A attendre.

RIESLING SOMMERBERG 2007 : 
Complexité, profondeur au nez .
Équilibre magistral en bouche, finesse,  acidité complexe et intégrée, salinité, minéralité.

RIESLING SOMMERBERG EKBERG (E) 2007 :

Même qualité d'équilibre avec de la race, plus de profondeur encore, s'appuyant sur un caractère minéral toujours présent faisant oublier les 8 grammes de sucre résiduel. Superbe.

RIESLING BRAND KIRCHBERG (K) 2007 :
Petite production d'un fût issue de vignes de 60 ans.
Nez plus réservé.
Plus de sensation d'alcool mais le vin reste droit et pur.

RIESLING BRAND 2007 :
Nez sur les fleurs blanches.
De profil 1/ 2 sec avec une attaque un peu enrobée puis redevient très dense, structure serrée, de la mâche donnant presque l'impression d'une sensation tannique, acidité très définie.

RIESLING SOMMERBERG DUDENSTEIN (D) 2007 :
On reste dans un profil de 1/2 sec avec un nez sur les fruits jaunes
Légère rondeur à l'attaque de la bouche. (25 g. de sucres résiduels)
Le vin est encore dissocié à ce stade notamment au niveau de l'équilibre alcool/acidité.

RIESLING SOMMERBERG S.G.N. 2007 : 
150 oechslés potentiels.
Nez pur de beau botrytis restant fin.
Préservé par un élevage en fût inox de 300l, le vin est un modèle d'équilibre avec une finale toute en longueur et élégance.

PINOT- GRIS 2007 (assemblage de plusieurs terroirs dont Brand et Sommerberg) :
Vin sans grande personnalité mais c'est un vin dense, bien équilibré, se terminant par une acidité bien définie et longue.

PINOT -GRIS SOMMERBERG 2007 :
Nez de viandé, de fumé et de pralin.
Une belle réussite encore une fois à la finale précise donnant une impression de finesse.
30 g. de sucres résiduels.

PINOT-GRIS BRAND 2007 :
Légèrement teinté par le botrytis au nez, ce vin impose une race et une pureté de toute beauté. Un délice.

GEWURZTRAMINER 2007 :
Assemblage de plusieurs parcelles.
entièrement sur le fruit, plaisant, manque néanmoins d'un peu de tension.

GEWURZTRAMINER BRAND VENDANGES TARDIVES 2007 : Cuvée issue du Schneckelbourg.
Marqué par le terroir, peu variétal, très dense.
Arômes de beau botritys mais ce sont les épices qui dominent au nez et en bouche.
Il lui faut un peu de temps pour s'exprimer plus pleinement.

GEWURZTRAMINER  BRAND VENDANGES TARDIVES 2007 :
Très élégant, pur, beaucoup de finesse et de race, aérien.
La différence entre les 2 cuvées est très sensible.
Vraiment excellent.

Commentaire :
Merci à Jean d'avoir eu la patience de nous écouter.
La gamme des vins du millésime 2007 est passionnante avec , encore une fois, quelques merveilles.

Je voudrais souligner le niveau des Pinot-Gris dont on ne parle, à mon avis pas assez.



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Lundi 29 décembre 2008 1 29 /12 /Déc /2008 13:56

Par odovin - Ecrire un commentaire - Publié dans : Bourgogne

Nous sommes une bonne douzaine à nous retrouver, ce 18 Novembre 2008,  dans le cadre des dégustations de l'Art et le Vin, pour une soirée consacrée à un tour d'horizon de Grands Crus du finage de Morey-Saint-Denis parmi lesquels viendront s'intercaler quelques vins de Gevrey-Chambertin qui serviront de contre-point.

Seul le thème de la dégustation est connu sans information sur les vignerons, crus ou millésimes.
Les vins sont servis à l'aveugle.

Vin n°1 :
Nez sur des notes empyreumatiques d'élevage qui à l'aération s'ouvre sur la griotte et la présence d'alcool. 
Attaque de bouche franche, équilibre, riche mais non dénuée de finesse, élevage boisé perceptible mais non envahissant, bonne structure des tanins, peu complexe.
Beau vin.
Morey-Saint-Denis 1er Cru La Riotte 2006 de Perrot-Minot.

Vin n°2 :
Nez expressif mêlant des fruits rouges et des notes florales évoluant sur des notes plus terriennes et le cuir.
Attaque fine, élégante qui devient vite un peu rigide dans son expression tannique avec une finale dure.
A revoir.
Gevrey-Chambertin 1er Cru Les Combottes 2006 de Dujac.

Vin n°3 :
Nez plus puissant, intériorisé, légèrement viandé.
Bouche puissante, dense, large,  mure,mais bien équilibrée par une belle acidité saline en finale.
A attendre.
Gevrey-Chambertin 1er Cru Les Combottes 2001 du domaine Dujac.

Vin n°4 :
De le volatile, nez terne manquant de définition.
Bouche dissociée, floue, vite dominée par des tanins asséchants.
Bref le vin se goûte très mal. Problème de bouteille? Phase ingrate?
A revoir.
Clos des Lambrays 2006.

Vin n°5 :
Nez complexe, séducteur, noble sur le menthol, le tabac et des arômes de fraise.Belle structure de bouche, minérale, racée, combinant maturité et élégance soulignée par une acidité de qualité.
Clos des Lambrays 2001.

Vin n°6 :
Nez peu plaisant, sur la réduction, racinaire, de soupe de légumes.
Bouche construite sur la finesse, minérale, fine mais on reste déstabilisé par le manque de profondeur, et la sensation de manque de matière.
Même remarque  que pour le vin n°3.
Quand on pense au prix....
Bonnes Mares 2004 du domaine De Vogue.

Vin n°7 :
Nez extraverti,  empyreumatique (grain de café), , cacao et cuir.
Bouche à l'attaque charnue, perception d'alcool, généreuse, restant néanmoins séductrice, dans un style un peu baroque.
L'expression d'ensemble du vin peut faire évoquer un cru rhodanien.
Clos de la Roche 2004 du domaine Dujac.

Vin n°8 :
Nez sur la réserve, mais profond et serré.
Bouche aussi réservée mais avec une belle texture charnue, noble, minérale racée et supérieurement équilibrée.
Clos de la Roche 2006 du domaine  Dujac.


Vin n°9 :
Nez gourmand, élégant avec des flaveurs de griotte.
Bouche élégante,tanins de velours et de grande qualité, mure presque un peu sucrée, élevage en retrait, mais peu profonde ni très complexe.
C'est un style.
Clos de la Roche 2006 du domaine Ponsot.

Vin n°10 :
Nez fin, profond , de griotte et de ronces.
Bouche jeune, sur la réserve, séveuse, fine, au grain de tanins élégants et murs, prolongée par un belle acidité intégrée et longue. 
Prometteur.
Griotte-Chambertin 2006 du Domaine Ponsot. 


Vin n°11 :
Nez à nouveau sur des fruits rouges très murs, généreux et riche un peu alcooleux.
Bouche puissante,  large, avec là aussi cette palette fruitée intense mais sans grande précision et peu complexe.
C'est bon mais ce n'est pas grand.
Griotte-chambertin 2002 du domaine Ponsot.

Vin n°12 :
Nez complexe , noble , un peu terrien mêlant surtout les épices et les notes empyreumatiques.
Bouche complexe et dense dans sa première phase à laquelle succède une perception acide marquée pouvant apparaître forcée par la main de l'homme. 
Là aussi à revoir.
Mazoyères-Chambertin 2001  du domaine Perrot-Minot.

Vin n°13 et Vin n°14 :
Je les associe dans mon compte-rendu pour souligner que ce sont les deux seuls vins de la dégustation dans lesquels, au delà des différences de  millésimes,  j'ai trouvé une cohérence et une identité.
Nez complexe, de haute tenue, serré, profond dominé par des notes de tabac auquels se mêlent des épices mais aussi des fruits rouges.Quelques notes de terre humide ou humus peuvent apparaître de façon fugace.
Bouche dense, profonde et minérale, soulignée par une chair magistrale, soutenue par des tanins encore jeunes mais élégants, prolongée par une acidité racée. 
Clos de Tart 2004 et 2001.

 

 

Commentaires :

 

S'il  y a des entretiens d'embauche (sic), il existe manifestement des dégustations d'ébauche.

Propices à l'analyse critique, plus qu'aux débordements sensuels, elles mettent en scène des vins dont le mode temporel descriptif empreinte plus au futur qu'au présent.
Il y a ainsi une autre lecture que celle de l'instant formel, une suggestion plus qu'une affirmation.

Dans son dernier Edito., l'ami Roland nous invitait à réfléchir quant à la pertinence de la dégustation " à l'aveugle".
Probablement ne le savait' il   pas lorsqu'il avançait ses arguments, mais cette dégustation illustre parfaitement son propos.
Que suggérait' il? : que pour certains vins, le plaisir des sens ne suffit pas nécessairement à en saisir le sens.
Qu'il vaut mieux qu'ils soient connus, annoncés, pour que leurs essences soient reconnus.

Cette dégustation fut, en effet difficile , pour celui qui voulait trouver une cohérence dans la lecture du terroir ou  le style d'un domaine.
Il fut rare de trouver 2 vins d'un même vigneron qui se présentent bien : phase intermédiaire, de fermeture, millésime délicat?
Seul le Clos de Tart a échappé à ce fait .



 


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Mardi 25 novembre 2008 2 25 /11 /Nov /2008 13:27

Par odovin - Ecrire un commentaire - Publié dans : évènements- salons

J'ai donc passé 2 jours au Grand Tasting organisé par Bettane-Dessauve qui se tenait au Caroussel du Louvre à Paris.

Plus de 300 producteurs présents avec des ateliers ou Master class sur des vins ou thèmes particuliers.

Le droit d'entrée était de 23 Euros pour les deux jours mais beaucoup de personnes disposaient d'invitation.

Après un passage au vestiaire très bien organisé et efficace, il fallait chercher son verre, moyennant une caution de 5 Euros : de beaux grands verres Riedel dont 3000 avaient été "empruntés" l'an dernier, raison pour laquelle une caution était demandée.

 

Précision pour les uns, rappel pour les autres , ce salon ne rassemblait pas  les domaines "d'élite" : ainsi aucun Premier ni Second cru classé de Bordeaux, pas de domaines stars de Bourgogne.....

 

Allez l'aventure commence;

Déguster sans organisation équivalant sans aucun doute à un suicide lent mais inexorable, mon plan de bataille fut le suivant : premiere journée, Vins italiens, 1ère partie de Bordeaux,  Rhône, Loire blancs puis Sauternes et Master class consacrée à 4 millésimes d'Yquem (j'en reparlerais plus loin).

Deuxième journée : 2 ème partie Bordeaux, Bourgogne rouges, Loire rouge, Bourgogne blanc.

 

Deux régions à part : Alsace (sauf une exception) parce que je les ai goûtés la semaine précédente à la dégustation des Grands Crus à Kientzheim et le Jura qui n'était représenté que par UN SEUL domaine, Château d'ARLAY  dont j'ai goûté le Vin Jaune 2001 doté d'un bel équilibre ,long et fin.  

 

Donc programme chargé et 123 vins goûtés sur 2 jours. On n'est pas là pour rigoler.

 

Rassurez vous, je ne vais pas décrire chaque vin ce qui serait fastidieux et lassant. Je préfère indiquer région par région ou par pays, le ou les vignerons pour lesquels j'ai eu un coup de coeur, ainsi que les vins qui m'ont le plus séduits.

Bien entendu, ce choix est forcément subjectif puisque dépendant des vignerons présents et des cuvées dégustées. 

 

ITALIE :

- 2 vignerons pour la finesse, l'équilibre et l'élégance de leurs vins : Armando Parusso(Monforte d'Alba) et Aldo Conterno( Monforte d'Alba).

- Le vin : Piémont, Barolo DOCG, Bussia 2001 d'Armando Parusso.

 

BORDEAUX :

- le domaine : Château Sociandot-Mallet ( j'en entends déjà certains ricaner...) pour la cohérence des vins présentés et des tarifs relativement stables : un 2006 fin mais bien équilibré et pas trop maquillé; 2005 présentant une chair et un corps en rapport avec la qualité du millésime.

- Le vin : Valandraud 2006 pour sa complexité olfactive et son élégance racée. seul hic : annoncé à 200 Euros.

 

BOURGOGNE :

- les domaines : Louis Jadot pour le respect de l'expression des appellations de leurs vins et pour leurs styles toujours bien définis et Domaine du Vieux Saint Sorlin d'Olivier Merlin pour le caractère vivant, parfaitement abouti de ses cuvées de Macon et Saint-Véran.

- Le vin : Beaune 1er cru, Boucherottes 2002 du Dom. Jadot. ( 25,2 Euros)

 

RHONE :

- Domaine Marcel Richaud pour l'expression naturelle de ses vins qui allient profondeur et gourmandise. 

- Le vin : Chateauneuf-du-Pape Reine des bois 2007 du Domaine de La Mordorée pour sa finesse jamais ressentie de manière similaire sur les millésimes antérieurs.

 

LOIRE :

C'est une région pour laquelle j'ai beaucoup d'affinité.

- Les Domaines :

en blancs , Domaine de Bellivière : tout est bon .

en rouges, Domaine Pierre et Bertrand Couly qui offrent à goûter des Chinons de plaisir qu'on peut boire à sceau à des tarifs entre 7 et 8 Euros.

- Les vins :

Blanc : Vouvray Clos de la Bretonnière 2007 du Domaine de La Taille aux Loups : précis et vibratoire( 12 Euros)

Rouge : Chinon Clos de la Dioterie 2006 du Domaine Charles Joguet : fruité, mur et élégant (19 euros)

 

LANGUEDOC-ROUSSILLON :

- Le Domaine : Clos des Fées de Hervé Bizeul dont les vins gagnent en précision et finesse d'année en année.

- Le vin : Côtes du Roussillon-Villages Vieilles Vignes 2006 du dom. Clos des Fées pour le respect de son fruit, sa densité et sa fraîcheur. (25 Euros).

 

CHAMPAGNE :

Pas de maison particulière où l'ensemble de la gamme m'a séduit. En règle général j'ai notamment regretté des dosages trop marqués.

- Les vins : j'en ai retenu deux, d'expression fort différente : Champagne Celebris Vintage Extra Brut 1998 de Gosset (110 Euros) certes un peu rustique mais complexe, et le Champagne Clos des Goisses 1998 de Philipponat élégant et profond.

 

La Master Class Yquem :

4 millésimes étaient soumis à la dégustation : 2005, 1999, 1996, 1989.

Les points positifs : une organisation sans faille . volume de vin conséquent ( 5 gorgées à peu près ce qui est largement suffisant pour goûter un vin), température de service idéal.

 

Les points négatifs : aucun débat critique mais une ode à la gloire d'Yquem présenté comme le plus grand liquoreux du monde non pas une fois mais répété au moins dix fois.

Pas de possibilité de poser des questions sur le mode de travail à la vigne et en cave.

 

Sincèrement je n'ai pas du tout été ébloui par le vin. Ce n'est pas de la provocation,  mais mis à part  sur 1996, je n'ai pas trouvé que les fins de bouche soient racées et parfaitement définies, notamment sur 1999 et 1989.

 

Mon Grand vin du salon : Altenberg de Bergheim 2005 de Jean-Michel Deiss.

Question de goût certainement, de culture vinique peut-être, toujours-est-il que pour moi le Grand Vin, était un vin alsacien goûté déjà plusieurs fois antérieurement, mais que je trouve à chaque fois  merveilleux

Par sa finale d'une grâce émouvante avec une définition de l'acidité parfaite, ce vin  représente plus qu'Yquem mon idéal de vin touché par le botrytis.

 

 

 

 

 

 

 


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Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /Nov /2008 14:08

Par odovin - Ecrire un commentaire - Publié dans : Dégustations éclectiques

Présentation :
Nous nous retrouvons aux Plaisirs Gourmands à Strasbourg,ce Vendredi 7 Novembre 2008, pour une nouvelle dégustation de l'Art et le vin, consacrée essentiellement à un tour d'horizon de quelques grands (?) vins blancs hexagonaux .
 Trois vins rouges nous seront servis en guise d'introduction.
Les bouteilles sont servies étiquettes découvertes.

En ces temps où certains esprits chagrins, aux sens abrutis par les dogmes et les certitudes, définissent le vin comme une "Idée" perverse et maléfique, sans pouvoir ou vouloir comprendre sa spécificité et sa différence par rapport à d'autres boissons alcooleuses, j'ai eu envie de vivre cette dégustation comme un voyage imaginaire.

Il n'est pas original de vouloir rappeler que le vin sera toujours la résultante de la rencontre entre une histoire, une culture, un lieu, et des hommes.



En attendant le départ :
 
Nous goûtons successivement :

MAS GASSAC ROUGE  1999 :

Robe relativement profonde avec légère évolution sur les bords.
Nez puissant s'ouvrant sur des notes empyreumatiques, un peu viandé. A l'aération apparaissent des notes d'humus et d'alcool.
Attaque de bouche souple, tanins fondus, belle fraîcheur malgré la puissance alcoolique mais fin de bouche floue sur une légère amertume.








CHATEAUNEUF-DU-PAPE BEAUCASTEL 2005:

Robe profonde.
Nez complexe, plus précis, sur la réserve, de fruits noirs, d' épices et aussi de notes empyreumatiques.
Bouche parfaitement équilibrée, mure, au grain de tanins racés, à la finale précise et longue. Elevage remarquablement intégré.







DOMAINE DE TREVALLON 2005 :

Robe très profonde.
Nez puissant un peu dissocié s'ouvrant sur des notes d'élevage de caramel mais évoluant à l'aération sur la mure, le cassis et des épices (poivre).
Grande bouche séveuse, vivante avec une belle conjonction entre l'acidité et le fruit.

 





Le voyage commence :

Première région : La Loire

La première étape commence mal. Venu pour admirer les magnifiques cloches du Beffroi du 16° siècle de la ville de Sancerre, celles-ci nous jouent un air morose et terne. Le début s'avère délicat.

Nez beurré, lacté guère passionnant.
Attaque de bouche avec léger sucre résiduel, , matière moyenne, manquant de vivacité , trop travaillée, avec une finale mal définie.
SANCERRE Blanc "CUVEE GENERATION XIX" 2006 DU DOMAINE ALPHONSE MELLOT.









Nous quittons notre lieu pour venir flâner sur les rives de la Loire.
 Le soleil perce derrière la brume légère. Les rires d'un joyeux chahut se font entendre participant au réchauffement de l'atmosphère.

Nez d'agrumes et de fruits jaunes, note d'allumette mouillée, léger profil de type oxydatif.
Bouche vivante,  mure, fraîche , grasse, minérale qui s'affine en finale en restant longue. 
SAVENNIERES  "CLOS DE LA BERGERIE" 2006 DE NICOLAS JOLY.







Les teintes lumineuses et les contours du paysage deviennent plus subtils. Les rires sont moins enfantins.
Un douce joie plus mature, mais aussi plus intérieure nous envahit.

Nez mieux défini, avec là aussi des notes "Schoenenbouriennes" sulfuriques, d'épices, d'orange confite, de coing, et de miel d'acacia.
Bouche grasse, dense mais vibratoire, serrée, à l'acidité précise, épicée et longue.
SAVENNIERES COULEE DE SERRANT 2004 DE NICOLAS JOLY.









Nous empruntons maintenant un sentier descendant. Les derniers rayons du soleil ne nous réchauffent plus  . L'horizon s'efface progressivement laissant place à une ambiance minérale.

Nez acidulé, de gelée de cassis, buis et ""pipi de chat".
Bouche en contraste avec le caractère variétal du nez, épurée, minérale très précise, anisée , à l'acidité mure, saline et longue.
POUILLY-FUME "CLOS DU BUISSON" 2001 DE DIDIER DAGUENAU.










Deuxième région : L'ALSACE.

Nous y venons souvent. Terre du roi Riesling nous l'aimons pour la formidable mosaïque géologique de ses différents terroirs. La grandeur et la noblesse d'expression de certains nectars produits ne craignent aucune concurrence .
Mais il y a ici un piège sournois qui rode : le sucre résiduel.
Tel le verglas , il peut perturber un repas ou une dégustation s'il n'est pas annoncé. Et là, c'est la glissade assurée.

Nez puissant sur les fruits jaunes, surmaturité, épices.
Bouche avec beaucoup de sucre résiduel (40 g?) , d'allure moelleuse, belle matière, l'acidité donne une longueur moyenne.
Désolé j'ai fait la cabriole.
RIESLING HENGST 2001 DU DOMAINE JOSMEYER.









Dérouté par cette première rencontre , en quête de repères, nous prenons la direction de ce que nous supposions être une chapelle mais qui, au fur et à mesure de notre avancée semble se muer en une cathédrale imposante et magnifique, née de l'union de l'esprit et la matière.

Nez puissant, fumé, de fruits jaunes, noble, vivant.
Bouche puissante, ample et dense, avec léger sucre résiduel (12 g) mais de profil sec,  minérale, revenant sur les agrumes, et finissant sur une acidité saline longue.
 RIESLING RANGEN DE THANN "Clos Saint-Urbain" 2001 DU DOMAINE ZIND-HUMBRECHT.








Suffit-il de se fier aux écrits des évangiles pour trouver son chemin?  Toujours est-il que celui nous menant à la Collégiale de Thann sur les traces de Saint -Thiébaut nous semble plus chaotique, moins "lisible" avec un risque certain  de nous égarer.

Nez sulfurique et  fruits jaunes nous orientant plutôt sur le chenin.
Bouche à l'attaque enlevée, fine, mais qui se délite et devient floue finissant courte.
RIESLING RANGEN DE THANN " Saint-Théobald" 2000 DU DOMAINE SCHOFFIT. 










De notre passage dans le  village d'Hunawhir  nous resterons marqué par le souvenir ambigu d' une femme dont le visage était d'un grand raffinement avec des lignes parfaitement définies mais dont l'attitude générale dégageait une dureté, peut-être liée à la promiscuité d'une trop vive soufre-ance.

Nez complexe, précis, mélant des arômes terpéniques, de citron et d'angélique.
Bouche épurée (trop?), presque racée mais manquant de chair et de gras, construite sur une acidité un peu rigide dans son expression.
RIESLING CLOS-ST-HUNE 2001 DU DOMAINE TRIMBACH.












Drapés de quelques effluves septentrionnales nous prenons la direction du Sud.
Un être malicieux nous aborde pour nous proposer l'énigme suivante : "Croyez vous que la grandeur et la grâce soient sourdes aux pouvoirs des points cardinaux, fussent-ils de Chateauneuf-du Pape?"

Notre première expérience nous incite à répondre par l'affirmative et  être digne d'une bénédiction papale.

Nez délicat miellé sur les amandes et le fenouil.
Bouche puissante, précise, grasse (parfait contre-exemple du vin précédent), riche, mais qui grâce à une formidable acidité sous-jacente et aboutie, finit fraîche et longue.
CHATEAUNEUF-DU-PAPE BLANC VIEILLES VIGNES 2002 DE BEAUCASTEL.










Notre deuxième expérience moins évidente nous amène à réfléchir avant de nous prononcer.

Nez puissant avec sensation alcooleuse plus présente et  légère pointe oxydative.
Bouche à la puissance moins maîtrisée, moins d'équilibre à ce stade, avec une finale plus floue.
CHATEAUNEUF-DU-PAPE BLANC 2002 DU CHATEAU RAYAS.











Pour parfaire notre opinion, il nous semble judicieux d'espérer trouver la solution en gravissant la colline de l'Hermite.
Arrivés au sommet, nous devinons presque instantanément que ce n'est pas seulement une réponse que nous trouvons mais également celle du sens de notre voyage. 
Quelque chose par quoi, comme le dirait Kant, l'intersubjectivité se trouverait installée au coeur de l'objectivité.

Nez profond, complexe, précis délicatement miellé..
Bouche parfaitement équilibrée, racée, fine tenue par une acidité diaphane.
HERMITAGE BLANC 1997 DOMAINE GERARD CHAVE.













Epilogue.
 

Il y a des vins de soif  et des vins de fin... de dégustation.
Habitués à naître à un âge où d'autres meurent, ils ont, non pas plus mais mieux que d'autres, cette capacité à rendre plus relatif le temps qui passe, et à rassembler nos voyages personnels en une émotion commune.

Nez  complexe d'orange amere, de noix.
Bouche d'une très belle finesse, acidité saline se prolongeant dans une  longueur infinie.
VIN JAUNE 1989 DE JACQUES PUFFENEY



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Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /Nov /2008 13:42

Par odovin - Ecrire un commentaire - Publié dans : Rhone

Objectif de la dégustation :
goûter après une période d'évolution de 10 ans quelques bouteilles de cette appellation dans un millésime excellent.

Méthode :
La liste des vins est connu sauf 2 d'entre eux.
Les vins sont présentés en semi-aveugle (la bouteille servie est cachée).
Les bouteilles sont ouvertes 3 heures à l'avance puis rebouchées.
Les vins sont servis en 2 séries cuvées classiques puis cuvées de "prestige" ou parcellaires.


Première série :

Chateauneuf-du-Pape VIEILLE JULIENNE 1998.
Robe évoluée peu profonde.
Nez simple sur les fruits à l'eau de vie et alcooleux.
Bouche puissante aux tanins fins avec un milieu de bouche dur, métallique suivie d'une acidité (naturelle?) dissociée.

Chateauneuf-du-Pape DOMAINE DE MARCOUX 1998.
Robe similaire.
Nez plus complexe, plus frais avec des notes de tabac, de chocolat, de garrigue et de cuir.
Attaque de bouche plus franche, plus pleine mais qui est dominée par l'alcool ensuite, entraînant une fin peu précise.


Chateauneuf-du-Pape 1998 DOMAINE RAYMOND USSEGLIO .

 Robe similaire.

Nez sur la réserve puis s'ouvrant sur les  fruits rouges, cuir, pain d'épices, orange , puis quelques notes viandées.

Bouche fraîche mais métallique avec des tanins rustiques et marqués.

 

Chateauneuf-du-Pape 1998 DOMAINE PIERRE USSEGLIO .

 Robe moins évoluée.

Nez de cerise et de chocolat plus frais,  se développant à l'aération sur le cuir, le tabac et l'earl grey.

Bouche plus pleine, mieux définie, avec de la fraicheur.

 

 

2ème série :

 

Chateauneuf-du-Pape  cuvée "Prestige" 1998 DOMAINE ROGER SABON .

 Robe plus profonde avec une belle brillance.

Nez avec de la volatile sur l'olive et l'orange sanguine.

Bouche de profil moderne avec des tanins soyeux, mais aussi une sensation d'alcool et de sucrosité. Belle longueur sur des notes acidulées.

 

Rasteau 1998 DOMAINE GOURT DE MAUTENS . (Vin pirate)

 Robe encore très profonde.

Nez sur la réserve mais offrant une palette différente, sanguin et sur la cerise.

Bouche plus dense, bien structurée, avec une belle qualité de tanins finissant sur une acidité mure.

La différence d'appellation  a été évidente pour l'assemblée.

 

Chateauneuf-du-Pape  cuvée "Etienne Gonnet" 1998 DOMAINE FONT DE MICHEL.

 Robe peu évoluée.

Nez profond, réservé, volatile perceptible.

Bouche charnue, puissante, structure serrée, avec des notes d'orange sanguine, et un beau grain de tanins

"Main de fer dans un gant de velours".

 

Chateauneuf-du-Pape  cuvée "réservée" 1998 DOMAINE DE PEGAU.

  Robe similaire.
Pointe de volatile au 1 er nez, puis olive, notes de garrigue, de thym, de chocolat tout en gardant de la précision.
Bouche à la texture charnue , ample, équilibrée, avec des tanins décelables mais murs, fin de bouche gardant de la fraîcheur. C'est à ce stade de la dégustation le vin qui arrive le mieux à concilier les éléments de complexité, densité de matière et fraîcheur naturelle.

Chateauneuf-du-Pape  1998 DOMAINE VIEUX TELEGRAPHE.
Robe profonde.

Nez serré, empyreumatique, complexe, sur des arômes de cerise, de menthol et de réglisse.
Bouche sur la réserve, fine, relativement soyeuse, mais avec des tanins un peu rigides et une fin de bouche manquant de fraîcheur.
Le vin est peut-être en phase de fermeture.

Chateauneuf-du-Pape  cuvée "Vieilles Vignes" 1998 DOMAINE DE LA JANASSE.
Robe profonde.
Nez encore marqué par l'élevage avec des notes de caramel se développant ensuite sur l'olive verte, l'humus et le cuir.
Bouche puissante, dense, massive, riche en alcool,  qui arrive à garder de la fraîcheur néanmoins, mais qui manque un peu d'éclat et d'élégance.
Cela fait plusieurs fois que goûtant ce vin, je me demande s'il n'y a pas un défaut de bouteille. 

Chateauneuf-du-Pape  cuvée Boirenard 1998 DOMAINE BEAURENARD.
Robe très profonde.
Nez profond dominé  par les épices (poivre blanc).
Bouche équilibrée, séveuse, pleine, d'allure incroyablement jeune, soutenue par des tanins, certes murs, mais devant encore se fondre.
C'est assurément un très beau vin à qui il faut encore laisser 5 ans d'évolution pour qu'il atteigne sa période de maturité.


Chateauneuf-du-Pape   cuvée Reine des Bois 1998 DOMAINE DE LA MORDOREE.
Robe similaire.
Malgré une légère déviation liégeuse (à nouveau), le nez est complexe sur des arômes d'épices, de zan et d'encens.
La bouche est très belle, séveuse, empreinte de minéralité, avec un très beau grain de tanins et longue.
Très beau vin à regoûter sur une bouteille plus parfaite.
Il semble qu'il y ait un problème de lot sur ce vin.
 

(Rappel janvier 2008 ):
Une malheureuse déviation liégeuse ne nous permettra pas de  l'appréhender de la façon la plus objective.
Cependant la bouche ne le trahit pas . Au bout de 10 ans le vin est parfaitement équilibré, assagi, les notes épicées accompagnant une matière élégante, charnue mais non dénuée de finesse. Il n'y a aucun trait rustique. L'élevage est complètement digéré . On peut le boire.
 

 

Chateauneuf-du-Pape 1998 CHATEAU DE BEAUCASTEL. 

Robe profonde sans évolution.
Nez pur, noble, complexe, mêlant les épices et les notes de garrigue.
C'est en bouche qu'apparaît la supériorité du vin grâce à un équilibre souverain, des tanins racés soutenus par une minéralité fine,  permettant de dessiner une finale longue et précise.

 

Commentaires :

- La différence entre les cuvées de "base" et les vins de la 2 ème série est très nette : robes plus évoluées , plus variétalement marquées par le grenache dans leurs expressions un peu monolithique, elles semblent avoir atteint leurs apogées et devoir être maintenant consommées. 
- De même la cuvée Prestige de Sabon pourra être bue car son profil moderne ne lui apportera guère plus de complexité au fil du temps.
- A noter le très beau comportement du Rasteau de Gourt de Mautens qui s'affine avec les années .
- Quelques vins doivent encore être attendus : Boisrenard surtout, Vieux-Télégraphe, et bien sûr Beaucastel qui s'est magnifiquement goûté mais qui ira très loin.
- Nouvelle expérience malheureuse avec le 1998 de Mordorée.

Voici le classement de la dégustation : 3 vins exprimés par dégustateurs.

1er : Beaucastel, très largement puisque placé en tête par 17 dégustateurs sur 18.
2 ème : Boisrenard de Beaurenard ( cité 10 fois).
3 ème : Pégau ( cité 7 fois).
4 ème : Mordorée ( cité 5 fois). 

 

 


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  • : Issu des vendanges 1963, ce qui n'est pas le plus formidable argument de qualité, je développe tranquillement mon système racinaire jusqu'au jour, où croisant un 1961, je décide d'arrêter la 1664. Depuis ce jour, je déguste , visite vignes et chais, rencontre vignerons et amateurs, enfin tout ce qui façonne le monde formidable du vin. Initiateur ou participant de clubs de dégustation, j'ai décidé de faire figurer ici les émotions de ma passion.
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